Coordination SPS en copropriété : quand elle s’impose
Coordination SPS en copropriété : deux entreprises sur un toit suffisent. Seuils, calendrier, sanctions, DIUO. Préparez bien votre chantier de toiture.

« La coordination SPS, c'est pour les gros chantiers. » Cette phrase revient dans beaucoup de conseils syndicaux, et elle est fausse. Le Code du travail ne regarde ni le montant des travaux ni la taille de l'immeuble. Il regarde une seule chose : le nombre d'entreprises appelées à intervenir.
Deux entreprises sur un même chantier de toiture suffisent. Un couvreur et un échafaudeur, un zingueur et son sous-traitant, un étancheur et un électricien qui déplace une antenne. Dans chacun de ces cas, le syndicat des copropriétaires doit désigner un coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé. Et comme on travaille au-dessus de trois mètres, un plan général de coordination simplifié s'ajoute presque toujours.
Pour un syndic, l'enjeu est concret. C'est lui qui signe au nom du syndicat, lui qui présente les devis en AG, lui qui répond si un compagnon tombe d'un brisis. Cet article explique quand la coordination SPS s'impose, à quel moment désigner le coordonnateur, ce qu'il coûte de l'oublier, et comment réduire le nombre d'intervenants sur un toit sans jamais contourner la règle.
Un chantier de toiture à préparer dans un immeuble que vous gérez ? Décrivez-nous le projet : nous vous aidons à identifier les intervenants nécessaires avant même le premier devis.
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- 1Ce que dit le Code du travail sur la coordination SPS
- 2Quand la coordination SPS est-elle obligatoire sur une toiture d'immeuble ?
- 3Catégories 1, 2 et 3 : où se situent les chantiers de toiture
- 4Ce que risque une copropriété sans coordonnateur
- 5Syndic, coordonnateur, entreprises : qui fait quoi
- 6À quel moment désigner le coordonnateur en copropriété ?
- 7Le DIUO, le document qui reste au syndic
- 8Moins d'interfaces sur le toit : la méthode Roofnow
Chaque vignette annonce le schéma de la section : fond sombre ou clair, repère orange au point clé.
Ce que dit le Code du travail sur la coordination SPS
La règle tient dans un seul article. Elle s'applique à tous les chantiers de bâtiment, que le maître d'ouvrage soit une foncière, une commune ou un syndicat des copropriétaires.
Plusieurs entreprises sur le chantier, même à des semaines d'intervalle.
L'ouvrage laissé par le premier sert au second : c'est ce risque que la coordination anticipe.
Le nombre d'entreprisessous-traitants inclus
Simultanées ou successivesles deux cas sont visés
Le montant des travauxaucun plancher dans le texte
La taille de l'immeublesans effet sur l'obligation
Article L4532-2 du Code du travail. Maître d'ouvrage : le syndicat des copropriétaires, qui agit par son syndic.
Selon l'article L4532-2 du Code du travail, une coordination en matière de sécurité et de santé est organisée pour tout chantier où interviennent plusieurs travailleurs indépendants ou entreprises, sous-traitants inclus. Son but : prévenir les risques de leurs interventions simultanées ou successives.
Le déclencheur : deux entreprises, pas la taille du chantier
Le texte ne fixe aucun montant plancher. Une reprise de solin facturée quelques milliers d'euros peut entrer dans le champ si elle mobilise deux entreprises distinctes. À l'inverse, un nettoyage de chéneaux sur un grand ensemble reste hors champ s'il n'est réalisé que par une seule entreprise.
Les sous-traitants comptent. Un couvreur qui confie la zinguerie à un artisan indépendant crée, à lui seul, une situation de coactivité au sens du Code du travail. Le syndic ne le sait souvent pas, parce que le sous-traitant n'apparaît pas sur le devis voté.
Simultanées ou successives : le piège du calendrier
C'est l'erreur la plus fréquente que nous entendons : « les deux entreprises ne seront jamais là en même temps, donc pas besoin de coordination ». Le texte dit l'inverse. Les interventions successives sont visées au même titre que les interventions simultanées.
La raison est très concrète sur un toit. Une entreprise qui pose un échafaudage, puis s'en va, laisse derrière elle un ouvrage que d'autres vont utiliser. Un étancheur qui dépose un relevé laisse un vide en rive. Le risque créé par le premier pèse sur le second : c'est précisément ce que la coordination de chantier doit anticiper.
Le syndicat des copropriétaires, maître d'ouvrage
En copropriété, le maître d'ouvrage n'est ni le couvreur ni l'architecte. C'est le syndicat des copropriétaires, qui agit par l'intermédiaire de son syndic. L'obligation de désigner un coordonnateur pèse donc sur le donneur d'ordre, pas sur l'entreprise retenue.
Le Code du travail prévoit un régime allégé pour le particulier qui fait construire ou rénover pour son usage personnel ou celui de sa famille. Un syndicat de copropriétaires n'est pas un particulier : c'est une personne morale qui fait réaliser des travaux sur des parties communes. Cette exception ne le concerne pas.
Quand la coordination SPS est-elle obligatoire sur une toiture d'immeuble ?
La question se règle en comptant les intervenants, puis en regardant la nature des travaux. Sur une toiture, la réponse tombe presque toujours du même côté dès qu'une seconde entreprise entre dans le dossier.
Sur une toiture d'immeuble, la seconde entreprise arrive souvent par un détail du chantier.
- 1
Échafaudeurquand il n'est pas le couvreur lui-même
- 2
Zingueur ou étancheur sous-traitantabsent du devis voté, présent sur le toit
- 3
Antenniste ou opérateurdépose puis repose d'une antenne
- 4
Électricienligne consignée ou câble déplacé en façade
- 5
Fumisteconduits d'une souche reprise par le couvreur
- 1entreprise seule, sans sous-traitant : pas de coordonnateur
- 2+entreprises : coordonnateur désigné par le syndicat
- 3 mau-delà, risque particulier : plan général simplifié (art. R4532-52)
Une seule entreprise sur le toit : pas de coordonnateur
Quand une seule entreprise réalise l'ensemble des travaux, sans sous-traitant, il n'y a pas de coactivité à organiser. Aucun coordonnateur n'est requis. C'est le cas de la grande majorité des interventions de dépannage : recherche de fuite, mise hors d'eau, reprise ponctuelle de zinguerie, nettoyage de chéneaux.
Cela ne crée pas un vide de sécurité. L'entreprise reste tenue de ses propres obligations d'employeur, et notamment de protéger ses compagnons contre les chutes. Au-delà de certains seuils de durée et de volume, une entreprise qui travaille seule doit aussi établir un plan particulier de sécurité et le remettre au maître d'ouvrage, comme le prévoit l'article L4532-9.
Deux entreprises ou plus : coordination dès la conception
Dès qu'un second intervenant est prévu, la coordination doit être organisée « tant au cours de la conception » qu'au cours de la réalisation, selon l'article L4532-3. Le coordonnateur n'arrive donc pas le premier jour du chantier. Il intervient pendant la préparation du projet, au moment où l'on choisit les accès et le phasage.
Sur une réfection de couverture, c'est là que tout se joue : par où passent les matériaux, où stocker les tuiles ou les feuilles de zinc, qui pose les protections collectives et qui les démonte. Une rénovation de toiture en copropriété qui mobilise plusieurs corps d'état gagne à poser ces questions avant la consultation, pas pendant.
Les intervenants qu'on oublie de compter
Sur les dossiers que nous voyons passer, le second intervenant est rarement là où le syndic le cherche. Voici ceux qui font basculer un chantier de toiture dans la coordination obligatoire sans que personne l'ait anticipé :
- l'entreprise d'échafaudage, quand elle n'est pas le couvreur lui-même ;
- le sous-traitant zingueur ou étancheur du couvreur principal ;
- l'antenniste ou l'opérateur qui doit déposer puis reposer une antenne ;
- l'électricien qui consigne une ligne ou déplace un câble en façade ;
- le fumiste qui intervient sur les conduits d'une souche reprise par le couvreur.
L'échafaudeur est le cas le plus courant. Dans une courette parisienne de quelques mètres carrés, l'échafaudeur monte sa structure, le couvreur installe son monte-matériaux, et les deux se disputent le même pied de façade. C'est exactement le risque d'interférence que le texte veut traiter en amont. Un accès en toiture sans échafaudage supprime parfois cet intervenant, quand la configuration le permet.
La chute de hauteur, risque particulier par nature
Un arrêté du 25 février 2003 fixe la liste des travaux qui comportent des risques particuliers. On y trouve, en tête de liste, les travaux exposant à des chutes de hauteur de plus de 3 mètres. Une toiture d'immeuble, située plusieurs étages au-dessus du sol, expose par nature à ce risque.
La conséquence est directe. Pour une opération de troisième catégorie qui fait intervenir plusieurs entreprises et comporte ces travaux, l'article R4532-52 impose au coordonnateur d'établir un plan général simplifié de coordination, par écrit, avant la consultation des entreprises. Sur un toit parisien, ce document n'est donc pas une option.
Catégories 1, 2 et 3 : où se situent les chantiers de toiture
Le Code du travail classe les opérations en trois catégories, selon leur volume. Ce classement fixe les documents à produire et le niveau de compétence exigé du coordonnateur.
hommes-jours : au-delà, un chantier de toiture passe en 2e catégorie et impose une déclaration préalable.
Autre critère de la 2e catégorie : plus de vingt travailleurs à un moment quelconque et plus de trente jours ouvrés. La déclaration part au moins trente jours avant le début des travaux et s'affiche sur le chantier.
| Catégorie | Critère principal | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| 1re catégorie | Plus de 10 000 hommes-jours et plus de dix entreprises sur une opération de bâtiment | Collège interentreprises de sécurité, coordonnateur de niveau 1 |
| 2e catégorie | Plus de vingt travailleurs à un moment quelconque et plus de trente jours ouvrés, ou plus de 500 hommes-jours | Déclaration préalable, plan général de coordination, coordonnateur de niveau 1 ou 2 |
| 3e catégorie | Toutes les autres opérations à plusieurs entreprises | Plan général simplifié si travaux à risques particuliers, coordonnateur de niveau 1, 2 ou 3 |
Les seuils de la deuxième catégorie viennent de l'article R4532-2, ceux de la première de l'article R4532-77. Les niveaux de compétence sont définis à l'article R4532-23 : un coordonnateur de niveau 3 ne peut intervenir que sur la troisième catégorie.
Entretien et réparation : presque toujours en 3e catégorie
Une reprise de souche, une réfection de chéneau ou le remplacement de fenêtres de toit relèvent de la troisième catégorie. Ces chantiers mobilisent quelques compagnons sur quelques jours ou quelques semaines. Avec deux entreprises et un travail en hauteur, ils appellent un coordonnateur et un plan simplifié, sans déclaration préalable.
Réfection complète : le seuil des 500 hommes-jours arrive vite
Une réfection totale de couverture sur un immeuble haussmannien change d'échelle. Faites le calcul : cinq compagnons présents vingt semaines, à raison de cinq jours par semaine, représentent exactement 500 hommes-jours. Le chantier bascule alors dans la deuxième catégorie dès qu'il dépasse ce volume.
La deuxième catégorie impose une déclaration préalable. Selon l'article R4532-3, elle est adressée à l'inspection du travail et aux organismes de prévention au moins trente jours avant le début effectif des travaux, quand aucun permis de construire n'est requis. Le texte de la déclaration est ensuite affiché sur le chantier, en général sur le panneau à l'entrée de l'immeuble.
Ce que risque une copropriété sans coordonnateur
L'absence de coordonnateur n'est pas une simple irrégularité administrative. Le Code du travail prévoit des sanctions pénales qui visent directement le maître d'ouvrage, donc le syndicat des copropriétaires.
10 000 €
d'amende, article L4744-4 du Code du travail, si le syndicat :
- ne désigne pas de coordonnateur
- ne fait pas établir le plan général de coordination
- ne fait pas constituer le dossier d'intervention ultérieure
- désigne un coordonnateur sans compétence, ou sans autorité ni moyens
Le risque derrière la règle : la chute de hauteur
Barres sur une échelle de 0 à 20 %. Accidents dont le risque est identifié, régime général. Assurance Maladie Risques professionnels, rapport annuel 2024.
Cramif, livret de sinistralité 2024.
Une amende qui vise le donneur d'ordre
D'après l'article L4744-4 du Code du travail, le maître d'ouvrage encourt 10 000 euros d'amende s'il ne désigne pas de coordonnateur. La même peine s'applique s'il ne fait pas établir le plan général de coordination ou constituer le dossier d'intervention ultérieure. La récidive est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.
L'amende vise aussi le maître d'ouvrage qui désigne un coordonnateur sans les compétences requises, ou qui ne lui donne pas l'autorité et les moyens d'exercer sa mission. Désigner un nom sur un papier ne suffit donc pas.
Le coordonnateur ne prend pas la place du syndic
Autre idée reçue : une fois le coordonnateur nommé, la sécurité du chantier serait son affaire. L'article L4532-6 dit clairement le contraire. L'intervention du coordonnateur ne modifie ni la nature ni l'étendue des responsabilités de chaque intervenant, maître d'ouvrage compris.
Le coordonnateur organise, alerte et consigne. Les entreprises restent responsables de leurs compagnons. Le syndicat reste responsable de ses choix de maître d'ouvrage, à commencer par celui de lui donner les moyens d'agir. En cas d'accident, c'est cette chaîne de décisions qui sera examinée.
Ce que disent les chiffres des chutes de hauteur
Sur une toiture, le risque qui justifie toute cette organisation est connu. D'après l'Assurance Maladie Risques professionnels (Rapport annuel 2024, publié en novembre 2025), les chutes de hauteur représentent 12 % des accidents du travail dont le risque est identifié. Elles pèsent 13 % des décès correspondants, sur le régime général. Ce sont des accidents moins nombreux que ceux liés à la manutention, mais plus lourds.
Le constat est le même à l'échelle de la région. D'après la Cramif (Livret de sinistralité 2024, publié en mars 2026), l'Île-de-France a compté 140 accidents du travail mortels reconnus en 2024, dont 22 % dans le secteur du BTP. Chaque chantier de toiture mal coordonné ajoute une probabilité à cette statistique.
Syndic, coordonnateur, entreprises : qui fait quoi
La coordination SPS répartit les rôles de façon précise. Le syndic n'a pas à devenir spécialiste de la prévention, mais il doit savoir ce qu'il signe et ce qu'il est en droit d'attendre du coordonnateur SPS.
Une chaîne de documents, du syndic jusqu'à chaque entreprise.
Désigne et donne les moyens
- Contrat écrit : mission, moyens financiers, autorité, présence aux réunions
- Dossiers techniques amiante de l'immeuble, transmis au coordonnateur
Organise, alerte, consigne
- Plan général simplifié, avant la consultation
- Inspection commune avec chaque entreprise
- Registre-journal visé par les intervenants
Décrit ses modes opératoires
- PPSPS, ou plan particulier simplifié
- L'accès réel au toittrappe, fenêtre de toit ou lucarne
- Le point d'amarrageligne de vie, crochets ou charpente
- Le sol et les déchetsbalisage et évacuation
Le syndic : désigner, contractualiser, donner les moyens
Le maître d'ouvrage désigne le coordonnateur par un contrat écrit. Selon l'article R4532-22, ce contrat définit la mission, les moyens financiers mis à disposition, l'autorité conférée vis-à-vis des entreprises et les modalités de présence aux réunions de chantier.
Le syndic doit aussi transmettre les documents qu'il détient. L'article R4532-7 impose notamment au maître d'ouvrage de communiquer au coordonnateur les dossiers techniques amiante de l'immeuble. Sur une toiture ancienne, un conduit ou un élément en fibrociment peut changer tout le mode opératoire.
Le coordonnateur : une personne physique, formée et attestée
Le coordonnateur est une personne physique qui justifie d'une expérience professionnelle ou d'un diplôme, puis d'une formation sanctionnée par une attestation de compétence. Le niveau requis dépend de la catégorie du chantier. Avant de signer, demandez l'attestation et vérifiez qu'elle couvre bien la phase concernée.
Pendant les travaux, il réalise avec chaque entreprise une inspection commune avant son intervention, selon l'article R4532-13. Il consigne ses observations dans un registre-journal de la coordination, que chaque intervenant vise. Ce registre est la mémoire du chantier en cas de litige.
Les entreprises : un PPSPS sous trente jours
Sur un chantier soumis à plan général de coordination, chaque entreprise établit un plan particulier de sécurité et de protection de la santé, le PPSPS. Selon l'article R4532-56, elle dispose de trente jours à compter de la réception du contrat signé pour le rédiger. Le PPSPS décrit ses modes opératoires, les risques qu'ils créent et les protections retenues.
Sur une opération de troisième catégorie avec plan simplifié, l'entreprise qui exécute les travaux à risques particuliers établit un plan particulier simplifié, avant leur début, en application de l'article R4532-75. Pour un couvreur, ce document décrit concrètement les ancrages utilisés, le balisage au sol et l'évacuation des déchets.
Un PPSPS sérieux se reconnaît vite. Il nomme l'accès réel au toit, la trappe, la fenêtre de toit ou la lucarne, et pas un « accès par l'escalier » générique. Il précise si les compagnons s'amarrent à une ligne de vie, à des crochets ou à la charpente. Nos conseils pour choisir un prestataire toiture fiable valent aussi pour juger ce document.
À quel moment désigner le coordonnateur en copropriété ?
Le calendrier est la source principale d'erreurs. En copropriété, les travaux passent par une mise en concurrence puis un vote en assemblée générale. Le coordonnateur doit être désigné avant ces deux étapes, pas après.
Le coordonnateur arrive avant le premier devis, pas le premier jour du chantier.
- 1
Avant-projet
Désigner le coordonnateur
art. R4532-4 - 2
Consultation
Plan de coordination joint aux documents remis aux entreprises
art. R4532-44 - 3
Assemblée générale
Mission SPS votée en ligne distincte, avec les travaux
- 4
Contrats
Le syndic signe coordonnateur et entreprises
- 5
Travaux
Coordination de chaque intervention
- 6
Réception
Dossier d'intervention ultérieure remis
art. R4532-97
Trop tardDésigné après le vote, le coordonnateur découvre un chantier déjà chiffré sans ses contraintes : arrêts et avenants en cours de travaux.
- Urgence, une seule entrepriseMise hors d'eau sans coordonnateur : aucune coactivité à organiser.
- Réparation définitiveDeux entreprises ou plus : coordonnateur désigné avant la consultation.
Avant la consultation des entreprises
Selon l'article R4532-4, le coordonnateur est désigné dès le début de l'élaboration de l'avant-projet, ou de son équivalent. L'article R4532-44 précise que le plan général de coordination est joint aux documents remis aux entreprises qui envisagent de contracter. Autrement dit, les entreprises doivent chiffrer en connaissant les contraintes de sécurité du chantier.
Cas fréquent : un conseil syndical du 11e arrondissement vote la réfection d'un brisis à l'automne et le ravalement de la façade sur rue au printemps suivant. Deux entreprises, deux calendriers, aucun coordonnateur. Au démarrage du ravalement, l'échafaudage doit s'appuyer sur une rive fraîchement refaite, et personne n'a prévu qui fixe les protections en tête d'échafaudage. Le chantier s'arrête, les avenants arrivent.
Dans la résolution d'assemblée générale
La mission du coordonnateur a un coût, qui s'ajoute au montant des travaux. En pratique, elle s'intègre au budget présenté en assemblée générale avec les devis des entreprises. Les règles de majorité et de mise en concurrence sont détaillées dans notre article sur le vote des travaux de toiture en AG.
Le bon réflexe est simple : faire figurer la mission SPS comme une ligne distincte de la résolution. Les copropriétaires voient ce qu'ils paient, et le syndic dispose d'une autorisation claire pour signer le contrat du coordonnateur en même temps que les marchés de travaux.
Urgence et mise hors d'eau : le cas d'une seule entreprise
Une infiltration active ne laisse pas le temps d'organiser une coordination. C'est rarement nécessaire : une mesure conservatoire est réalisée par une seule entreprise, qui intervient seule sur le toit. Depuis le 1er janvier 2026, Roofnow a réalisé plus de 70 recherches de fuite en toiture ou en façade, quasi systématiquement accompagnées de mesures conservatoires de mise hors d'eau.
- Saint-Cloud (92)
- Accès par les combles
- Harnais amarré à la charpente
À Saint-Cloud, un syndic nous a signalé deux points d'humidité au dernier étage après plusieurs jours de pluie. Accès par les combles, harnais amarré à la charpente, fluorescéine sur les deux souches côté pignon, colmatage conservatoire le jour même et rapport transmis le soir. Une seule équipe, un seul employeur, aucune interface à coordonner.
La question revient au moment des réparations définitives. Si la reprise de la souche exige un fumiste en plus du couvreur, le chantier redevient un chantier à plusieurs entreprises, et le coordonnateur doit être désigné avant la consultation. Le rapport de recherche de fuite sert alors de base au cahier des charges.
Quand un risque apparaît en cours de chantier
Il arrive qu'un chantier démarre avec une seule entreprise puis en accueille une seconde. Selon l'article R4532-54, quand un coordonnateur découvre en cours de travaux des travaux à risques particuliers, il rédige le plan simplifié avant toute poursuite. Les contraintes qui en découlent passent par avenant aux contrats. Mieux vaut l'anticiper que le subir.
Le DIUO, le document qui reste au syndic
La coordination SPS ne s'arrête pas à la réception des travaux. Elle laisse un document que le syndic doit conserver : le dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage, ou DIUO.
Avant de monter, le prochain couvreur cherche d'abord l'accès et les ancrages.
Vue en plan simplifiée, toiture à la Mansart : brisis en ardoise sur le pourtour, terrasson en zinc au centre.
- A
Accèstrappe, fenêtre de toit ou passage par un lot privatif
- B
Ligne de vieemplacement et vérifications à prévoir
- C
Points d'ancrageoù s'amarrer avant le premier pas
- D
Souchesplans et notes techniques des ouvrages
- E
Lucarnesouvrages repérés sur le brisis
- RéceptionRemis par le coordonnateur, avec un procès-verbal
- CopropriétéUn exemplaire au syndic
- Chaque venteJoint aux actes notariés
- Intervention suivanteAccès et ancrages connus avant le déplacement
Une obligation propre aux copropriétés
Selon l'article R4532-97 du Code du travail, le DIUO est remis au maître d'ouvrage par le coordonnateur lors de la réception, avec un procès-verbal. Il est joint aux actes notariés à chaque mutation. Dans le cas d'une copropriété, un exemplaire est également remis au syndic de l'immeuble.
Le DIUO rassemble les plans, notes techniques et informations qui facilitent les interventions futures en sécurité. Ce n'est pas un dossier de plus à ranger : c'est la pièce que le prochain couvreur demandera. Remettez-le au même endroit que le procès-verbal de réception des travaux de toiture, qui fait courir les garanties.
Ce que le prochain couvreur y cherche
Quand nous arrivons sur un immeuble, la première question n'est pas technique, elle porte sur l'accès. Par quelle trappe monter, faut-il passer par un lot privatif, où sont les points d'ancrage ? Un DIUO bien tenu répond à ces questions avant le déplacement, et le diagnostic commence dès l'arrivée en toiture.
Il indique aussi les équipements de sécurité permanents posés pendant le chantier. Si une ligne de vie en toiture a été installée, le DIUO doit en mentionner l'emplacement et les vérifications à prévoir. Une ligne de vie que personne ne sait localiser ne protège personne.
Le DIUO n'est pas le carnet d'entretien, mais les deux se complètent. Le carnet trace les travaux et les contrats en cours. Pensez à reporter dans le carnet d'entretien de la copropriété la référence du DIUO et l'endroit où il est archivé.
Moins d'interfaces sur le toit : la méthode Roofnow
Chaque intervenant supplémentaire sur un toit ajoute une interface, donc un risque et un coût de coordination. La meilleure prévention commence souvent par une question simple : combien d'entreprises ce chantier exige-t-il réellement ?
Chaque entreprise ajoutée multiplie les points de contact à coordonner.
6interfaces à coordonner, soit n × (n − 1) ÷ 2 pour n entreprises
0interface entre entreprises, tant qu'aucune autre n'intervient
La règle resteUne autre entreprise sur le chantier, même une demi-journée : la coordination SPS s'impose.
Trois métiers, une seule équipe
Roofnow exerce trois métiers : la couverture des toitures inclinées, l'étanchéité des toitures-terrasses, balcons et verrières, et les travaux sur cordes en façade. Sur un même dossier, une équipe interne peut traiter une reprise de zinc, un relevé d'étanchéité et une purge de corniche. Roofnow n'est pas une plateforme de mise en relation : ce sont ses propres couvreurs et cordistes qui interviennent.
- Paris 3e, rue des Arquebusiers
- Travaux sur cordes
- Toiture à forte pente
Rue des Arquebusiers, dans le 3e arrondissement, la toiture est à forte pente. Reprise d'une souche au mortier à la chaux, réfection des solins, habillage zinc de deux lucarnes : tout a été réalisé sur cordes. Pas d'échafaudeur au pied de l'immeuble, une même équipe pour la maçonnerie et la zinguerie. Le détail de l'intervention rue des Arquebusiers montre le phasage et les photos.
Voir l'interventionCe que cela ne change pas
Réduire les interfaces n'est jamais une manière d'échapper à la règle. Si votre chantier fait intervenir une autre entreprise, même pour une demi-journée, la coordination SPS s'impose. Roofnow, comme toute entreprise, s'inscrit alors dans le dispositif de coordination désigné par le syndicat.
Roofnow est aussi clair sur ce qu'il ne fait pas. Pas de gros chantiers à échafaudage, pas de travaux sur l'amiante. Son terrain, c'est le dépannage, la recherche de fuite et l'entretien, avec une garantie décennale souscrite auprès d'AXERIA IARD pour la couverture. Roofnow est une SAS immatriculée au RCS de Paris, SIRET 994 131 738 00019, au 26 rue Bosquet.
Une demande reçoit un accusé de réception en 15 minutes maximum. Une urgence peut être traitée sous 12 h, une demande standard sous 24 h, et le rapport d'intervention arrive avec le devis complémentaire sous 48 h. Pour les chantiers qui se prêtent aux cordes, découvrez nos travaux sur corde à Paris, ou appelez le 01 85 09 72 64.
Questions fréquentes sur la coordination SPS en copropriété
Une intervention d'urgence exige-t-elle un coordonnateur SPS ?
Non, tant qu'une seule entreprise intervient. Une mise hors d'eau, un bâchage ou un colmatage provisoire sont réalisés par une équipe unique, sans coactivité à organiser. Le sujet revient pour les travaux définitifs qui suivent, s'ils mobilisent plusieurs entreprises. Pour une infiltration en cours, notre service d'urgence et dépannage toiture intervient avec une recherche de fuite facturée 450 € HT en immeuble, mesure conservatoire simple comprise.
L'entreprise de couverture peut-elle désigner le coordonnateur ?
Non. En copropriété, la désignation revient au maître d'ouvrage, donc au syndicat des copropriétaires représenté par son syndic. Le régime où un entrepreneur assure lui-même la coordination est réservé aux travaux réalisés par un particulier pour son usage personnel. Une entreprise peut vous recommander un coordonnateur, mais le contrat doit être signé par le syndicat, qui fixe la mission et les moyens.
Le coordonnateur doit-il être présent tous les jours ?
Le Code du travail ne fixe pas de présence quotidienne. C'est le contrat qui précise ses obligations, notamment sa présence aux réunions de chantier. Sur un petit chantier de toiture, il intervient surtout à des moments clés : rédaction du plan simplifié, inspection commune avant chaque entreprise, points de bascule du phasage. Vérifiez que le contrat prévoit ces passages et un délai de réponse en cas d'alerte.
Qui paie la mission de coordination SPS ?
Le syndicat des copropriétaires, en tant que maître d'ouvrage. La mission s'ajoute au budget des travaux et doit être votée avec eux en assemblée générale. Les honoraires varient selon la durée, la catégorie du chantier et le nombre d'intervenants. Demandez au moins deux propositions et comparez le nombre de visites prévues plutôt que le seul prix, car c'est la présence réelle qui fait la valeur.
Que faire du DIUO quand on change de syndic ?
Il fait partie des archives de la copropriété et doit être transmis au nouveau syndic avec les autres pièces. Le Code du travail prévoit qu'un exemplaire soit remis au syndic de l'immeuble et joint aux actes notariés à chaque vente. Un DIUO perdu oblige le prochain intervenant à tout reconstituer, à commencer par les accès et les ancrages de la toiture.
Deux entreprises sur un toit, un coordonnateur avant le premier devis
La coordination SPS ne dépend ni du montant ni de la taille de l'immeuble. Elle dépend du nombre d'entreprises, sous-traitants et échafaudeur compris. Sur une toiture, le travail en hauteur fait presque toujours exiger un plan simplifié dès que deux intervenants se succèdent.
Le bon calendrier tient en trois étapes : compter les intervenants, désigner le coordonnateur avant la consultation, voter sa mission avec les travaux. Ensuite, garder le DIUO à portée de main pour la prochaine intervention.
Deux entreprises sur un toit, un coordonnateur.
- 1Compter les intervenants, sous-traitants et échafaudeur compris
- 2Désigner le coordonnateur avant la consultation
- 3Voter sa mission avec les travaux
- EnsuiteGarder le DIUO à portée de main
Vous préparez un chantier de toiture et voulez savoir combien d'entreprises il exige vraiment ? Nos équipes interviennent en entretien et réparation de toiture pour les syndics à Paris et en Île-de-France, avec un rapport photo à chaque passage.
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À propos de l'auteur
Contenu rédigé par les équipes Roofnow et validé par Hugo Tassou, fondateur dirigeant de Roofnow, qui pilote les diagnostics et la relation avec les syndics, bailleurs et assureurs franciliens. Roofnow intervient au quotidien en toiture, étanchéité et travaux sur corde pour les syndics et gestionnaires immobiliers de Paris et d'Île-de-France.
Dernière mise à jour : octobre 2026
Sources
- Code du travail, article L4532-2, champ de la coordination SPS
- Code du travail, article L4532-6, responsabilités des intervenants
- Code du travail, article R4532-2, seuils de la déclaration préalable
- Code du travail, article R4532-52, plan général simplifié de coordination
- Code du travail, article R4532-97, remise du DIUO au syndic
- Code du travail, article L4744-4, sanctions du maître d'ouvrage
- OPPBTP, arrêté du 25 février 2003 fixant la liste des travaux à risques particuliers
- INRS, les acteurs de la coordination SPS
- Assurance Maladie Risques professionnels, rapport annuel
- Cramif, livret de sinistralité Île-de-France




